News; 1980, Polo de Ralph Lauren

Published: mardi 31 juillet 2012

Deux ans après son lancement, dans un New York en pleine mutation, le premier masculin du créateur américain séduit les tombeurs, les sportifs et les intellectuels sans discrimination.


« Polo, c’est le parfum Put me on the map par excellence,
affirme Carlos Benaïm, le nez qui l’a créé. À peine sorti, à peine senti
et déjà il fait partie du paysage. » Voilà deux ans que Ralph Lauren a jeté sa petite bombe olfactive dans les parfumeries américaines lorsque balbutie la décennie yuppie. Dans les colleges de tout le pays, premiers de la classe et quaterbacks
cooptent la flasque verte. Le vert, selon Guillaume de Lesquen,
directeur général international des parfums Ralph Lauren, « du
countryside, du gazon, de la Jaguar…». On pourrait ajouter du dollar
alors qu’émerge, du côté de Wall Street, la figure plus cynique du
golden boy. Mais l’Amérique, pas encore dans l’ère de la spéculation,
regarde pousser son fils préféré, John-John Kennedy, héritier du glam et
du Parti démocrate, parfaite incarnation du style Hamptons sous
influence Ralph Lauren.


Health, wealth, success & happiness

Ceux qui n’ont pas eu la chance d’avoir des parents politiques
aspirent, eux, à la gloire par la sueur, la danse et les larmes dans
l’école (fictive) de Fame. Au son de Don’t you know who I am ? Remember my name. Fame! I’m gonna live forever, les teenagers en appellent à la postérité… et pas seulement aux quinze minutes warholiennes de célébrité. Health, wealth, success & happiness (santé, fortune, réussite et bonheur, NDLR), ce sont les valeurs de l’American Way of Life de ce début des années 1980, rappelle Guillaume de Lesquen.





4712 1980, Polo de Ralph Lauren.Illustration originale de Damien Blottière


« L’élection de Reagan va bientôt marquer l’histoire ; les États-Unis
rayonnent dans le monde, tous les regards sont braqués sur Big Apple. »
C’est là qu’est né, dans le quartier du Bronx, il y a un peu plus de
quarante ans, Ralph Lifschitz (nom changé plus tard pour Lauren). Là
encore, que ce self-made-man a lancé dix ans plus tôt sa ligne de
cravates « très New England… pour les Américains », précise Lesquen et
qu’en 1974 il a dessiné les costumes de Robert Redford pour Gatsby le Magnifique.
Là enfin, sur l’asphalte de l’Upper East Side, qu’il imagine son Polo.
Derrière sa crânerie sportive, cet accord herbe-patchouli fumé est à
l’évidence plus new-yorkais qu’il n’y paraît. En novembre, un autre kid
du Bronx crève l’écran. Robert De Niro, au régime linguine, a gagné les
30 kg exigés par Scorsese pour le rôle de Jake La Motta, Raging Bull,
« le taureau du Bronx ». La ville décidément colle à la peau de ce Bob
De Niro qui, trois ans plus tôt aux côtés de Liza Minnelli, tient le
rôle vedette de New York, New York. À moins que la vraie star
ne soit « la ville qui ne dort jamais ». Quelques mois auparavant, Woody
Allen lui a rendu hommage avec Manhattan, en noir et blanc… sur l’air
de Rhapsody in Blue. Est-ce que le cinéaste intello adopte Polo sur le divan ? Probablement. En 1977 dans Annie Hall, lui mais aussi Diane Keaton portent  exclusivement du Ralph Lauren.





Polo Ralph Lauren Pas Cher,Polo
Pas Cher


www.polopascher.biz






Back