Deux ans après son lancement, dans un New York en pleine mutation, le premier masculin du créateur américain séduit les tombeurs, les sportifs et les intellectuels sans discrimination.
« Polo, c’est le parfum Put me on the map par excellence,
affirme Carlos Benaïm, le nez qui l’a créé. À peine sorti, à peine senti
et déjà il fait partie du paysage. » Voilà deux ans que Ralph Lauren a jeté sa petite bombe olfactive dans les parfumeries américaines lorsque balbutie la décennie yuppie. Dans les colleges de tout le pays, premiers de la classe et quaterbacks
cooptent la flasque verte. Le vert, selon Guillaume de Lesquen,
directeur général international des parfums Ralph Lauren, « du
countryside, du gazon, de la Jaguar…». On pourrait ajouter du dollar
alors qu’émerge, du côté de Wall Street, la figure plus cynique du
golden boy. Mais l’Amérique, pas encore dans l’ère de la spéculation,
regarde pousser son fils préféré, John-John Kennedy, héritier du glam et
du Parti démocrate, parfaite incarnation du style Hamptons sous
influence Ralph Lauren.
Health, wealth, success & happiness
Ceux qui n’ont pas eu la chance d’avoir des parents politiques
aspirent, eux, à la gloire par la sueur, la danse et les larmes dans
l’école (fictive) de Fame. Au son de Don’t you know who I am ? Remember my name. Fame! I’m gonna live forever, les teenagers en appellent à la postérité… et pas seulement aux quinze minutes warholiennes de célébrité. Health, wealth, success & happiness (santé, fortune, réussite et bonheur, NDLR), ce sont les valeurs de l’American Way of Life de ce début des années 1980, rappelle Guillaume de Lesquen.



